43 % : c’est la part des demandeurs d’emploi de plus de 60 ans qui voient leur indemnisation durer plus de deux ans. Ce chiffre, loin d’être anecdotique, en dit long sur la réalité du chômage après le cap des 60 ans. La période d’indemnisation peut s’étendre jusqu’à trois ans, mais à condition d’avoir derrière soi une carrière suffisamment longue. Les règles du jeu changent, les démarches aussi, et il suffit d’un grain de sable pour voir ses droits réduits à peau de chagrin.
Chômage après 60 ans : ce qui change vraiment pour les seniors
La soixantaine passée, la relation avec France Travail (ex-Pôle emploi) bascule dans une autre dimension. La durée d’indemnisation s’allonge clairement : trois ans possibles, sous réserve d’une carrière suffisamment remplie. Pour les plus jeunes, 18 à 27 mois au mieux. Cette différence ne doit rien au hasard : retrouver un emploi senior après 60 ans relève souvent du parcours d’obstacles. La discrimination à l’embauche ne faiblit pas, elle s’installe et pèse.
En 2024, la récente réforme chômage n’a pas raboté les droits des plus âgés sur la durée, mais apporte une dose de sur-mesure. Un vrai bilan de compétences dès l’inscription, un accès facilité à la formation professionnelle, un suivi rapproché. D’autres outils émergent : le bonus emploi senior, le CDI senior issus de la réforme des retraites 2023, construits pour activer le retour au travail des plus expérimentés.
Retenez les grands leviers à disposition aujourd’hui :
- Durée d’indemnisation jusqu’à 36 mois si la carrière permet de valider cette période
- Accompagnement amélioré : bilan précis, orientation vers les secteurs dynamiques
- Dispositifs incitatifs : aides à l’embauche, démarches pour encourager le maintien dans l’emploi
Le paysage évolue vite. Pour chaque senior au chômage, rester attentif à chaque démarche conditionne la continuité de ses droits : une déclaration mal transmise, une information oubliée, et la suspension des allocations guette. Savoir, c’est aussi protéger son parcours.
Quels sont vos droits et combien de temps pouvez-vous être indemnisé ?
Après 60 ans, la longueur et le niveau des droits varient selon le vécu professionnel et l’âge précis. Dès 53 ans, la durée maximale grimpe à 27 mois. Après 55 ans, elle atteint 36 mois pour ceux qui justifient d’assez de cotisations sur la période de référence. Le montant de l’allocation retour à l’emploi (ARE) dépend à la fois des trimestres validés et de l’historique salarial (SJR).
Attention, seules les personnes ayant travaillé au moins 910 heures en deux ans (ou trois ans pour les plus de 53 ans) accèdent à cette indemnisation. Ce soutien vise surtout celles et ceux dont l’âge légal de la retraite approche, sans le nombre de trimestres requis pour le taux plein.
Voici les principales formes d’accompagnement financier selon votre situation :
- ARE : jusqu’à 36 mois de versements au-delà de 55 ans avec un parcours professionnel suffisant
- ASS (allocation de solidarité spécifique) : relais après épuisement des droits ARE si la retraite n’est pas accessible
- Maintien de l’indemnisation jusqu’à la retraite à taux plein, dans certains cas particuliers
Le niveau de l’allocation s’appuie sur le dernier salaire de référence. La recherche d’emploi reste une exigence– sauf pour quelques situations, dont la dispense accordée possible à partir de 62 ans. Les règles se déplacent régulièrement : chaque détail doit être vérifié auprès de France Travail pour éviter toute déconvenue.
Les démarches à suivre pour faire valoir ses droits sans se tromper
La première étape, c’est de constituer un dossier solide dès le dernier jour de votre contrat de travail. Rassemblez l’attestation employeur, les bulletins de salaires récents et vos papiers d’identité. Cette précaution permet d’écarter les retards dans l’étude de votre demande à France Travail.
Poursuivez par l’inscription officielle : saisissez les périodes travaillées, le nombre d’heures, et la raison exacte pour laquelle le contrat s’est arrêté. Ce sont ces données qui définissent votre période d’affiliation et ouvrent vos droits.
Votre entretien avec un conseiller, qui suit, sera l’occasion de faire le point sur votre recherche d’emploi et d’aborder l’éventualité d’une dispense. Pour certains, à partir de 62 ans, il est possible d’alléger l’obligation de recherche selon le profil.
Le montant de l’allocation retour à l’emploi est contrôlé à partir des salaires déclarés. Tout changement dans votre situation doit immédiatement être signalé : reprise d’activité, maladie, départ à la retraite… Mieux vaut prévenir que risquer une suspension ou devoir rembourser un trop-perçu.
Plusieurs outils personnalisés existent pour les demandeurs d’emploi seniors : certains profitent de formations spécifiques, d’une adaptation des critères de mobilité, ou d’ateliers conçus pour valoriser leur expérience. Le contact régulier avec le conseiller permet d’ajuster le parcours et d’activer l’accompagnement adapté pour une sécurité maximale.
Dispositifs d’accompagnement et solutions pour rebondir après 60 ans
Aujourd’hui, France Travail propose des actions concrètes pour appuyer le retour à l’emploi des seniors et leur garantir un suivi durable.
La formation professionnelle prend une nouvelle dimension : le compte personnel de formation (CPF) peut financer des parcours réellement orientés pour ceux qui souhaitent se réorienter, même après 60 ans. Un tremplin peu exploité, mais parfois décisif pour franchir la barrière du recrutement.
Depuis 2024, le bonus emploi senior ajoute une dynamique : les employeurs recrutant des plus de 60 ans reçoivent une aide, tandis que les candidats bénéficient d’un suivi renforcé. Bilans individualisés, ateliers collectifs, accompagnement par compétences : tout est conçu pour rendre l’expérience visible.
Plus loin encore, le CDI senior offre une sortie inédite de la précarité pour les demandeurs de 60 ans et plus. Ce contrat indéterminé, sans limite d’âge, permet même de cumuler activité et indemnisation selon la situation. Stabilité, flexibilité, et un peu de sérénité retrouvée.
Pendant toute la phase de chômage, ceux qui remplissent encore les conditions peuvent bénéficier de l’allocation ARE sur trois ans, tant que la retraite à taux plein reste hors d’atteinte. Cet équilibre fragile demande de saisir chaque occasion : formation, suivi, dispositifs nouveaux ou conseils ciblés. Rebondir après 60 ans n’est plus une utopie, mais un parcours singulier, à construire pas à pas, sans renoncer à une seconde partie de carrière.


