Mutuelle santé : quelle portion de vos remboursements est imposable ?

Le salaire net imposable ne se cache pas dans une colonne mystérieuse : il s’affiche bien en évidence sur la fiche de paie, mais sa logique échappe souvent. Ce chiffre, c’est la part du salaire qui sera retenue par le fisc pour calculer l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. À ne pas confondre avec la somme réellement versée chaque mois, celle que votre compte bancaire enregistre et qui apparaît en face de la mention « Net à payer » sur le bulletin.

Dans la pratique, le salaire net imposable sert généralement de base pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Depuis 2019, la fiche de paie s’est étoffée : deux lignes bien distinctes sont apparues, « net à payer avant impôt » et « net à payer après impôt », ce dernier correspondant au montant effectivement touché par le salarié.

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Entre cotisations sociales non déductibles, primes exceptionnelles et prestations en nature, il y a de quoi perdre le fil. Alors, comment retrouver la logique du passage du salaire brut au net imposable ? Et pourquoi ce montant diffère-t-il du versement reçu ?

Qu’est-ce que le net imposable ?

Le salaire net imposable n’a rien d’un simple calcul de paie : il s’agit d’une notion fiscale, correspondant à la fraction du salaire brut servant de référence à l’administration pour l’impôt sur le revenu. C’est ce total qu’il faut reporter sur la ligne « Salaires et traitements » de la déclaration n°2042, en additionnant les montants nets imposables indiqués en bas de chaque fiche de paie reçue durant l’année.

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La différence entre le montant net à payer et le net imposable

Le salaire net, c’est ce que l’employé reçoit après déduction de toutes les cotisations sociales calculées sur le brut. Depuis l’apparition du prélèvement à la source, le bulletin de paie mentionne deux montants : le net à payer avant impôt (l’équivalent de l’ancien « net à payer ») et le net à payer après impôt, le solde qui tombe sur le compte bancaire.

La retenue d’impôt à la source, prélevée chaque mois par l’employeur, est déterminée à partir du salaire net imposable, en appliquant le taux personnalisé du salarié. L’avance d’impôt ainsi calculée vient en déduction du versement mensuel.

Côté déclaration, le net imposable, c’est le montant à déclarer à l’administration fiscale. L’employeur est tenu de l’indiquer précisément sur la fiche de paie, parfois nommé aussi « impôt net ».

Dans les faits, le net à payer (avant prélèvement à la source) et le net imposable ne sont pas identiques. Cette différence s’explique d’abord par la réintégration de certaines cotisations et contributions sociales non déductibles dans le calcul fiscal. Certains avantages, eux, s’ajoutent au salaire brut pour le calcul des cotisations sociales, mais pas toujours pour l’impôt. Rien n’est jamais tout à fait linéaire dans la paie.

Le montant net imposable et la base du prélèvement à la source

En principe, le salaire net imposable sert de base au calcul du prélèvement à la source. Mais des ajustements restent possibles dans certains cas particuliers, notamment :

  • Si l’employé est en arrêt maladie avec subrogation, le taux de prélèvement s’applique sur la somme des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) versées par l’employeur et du salaire maintenu net imposable ;
  • Pour un contrat à durée déterminée de deux mois ou moins, un abattement spécifique de 637 € (montant 2021) est appliqué sur l’impôt net du salaire avant calcul de la retenue.

Comment calculer le salaire net imposable à partir du salaire brut ?

Pour passer du salaire brut au net imposable, il faut soustraire toutes les cotisations salariales et, dans certains cas, ajouter ou retirer des éléments comme les avantages non soumis à cotisations ou la participation du salarié à certains dispositifs d’entreprise (par exemple la part employé pour les chèques-repas).

Le salaire brut inclut la rémunération en espèces, mais aussi les avantages en nature comme la voiture de fonction ou le logement de service.

Déductibilité des cotisations sociales salariales pour l’impôt sur le revenu

Voici les cotisations sociales salariales déductibles du brut pour établir le net imposable :

  • Toutes les cotisations de Sécurité sociale versées par le salarié : retraite de base (plafonnée et non plafonnée), retraite complémentaire, AGIRC-ARRCO ;
  • La contribution à l’équilibre général (CEG) et la contribution à l’équilibre technique (CET) ;
  • La contribution APEC (pour les cadres) ;
  • La part de CSG déductible (6,80 % sur les 9,2 % prélevés) ;
  • La cotisation santé complémentaire sur la part du salarié.

À l’inverse, certaines cotisations patronales doivent être réintégrées dans le net imposable :

  • La part employeur de la complémentaire santé ;
  • La part employeur des cotisations de retraite complémentaire et supplémentaire excédant les plafonds (5 % du PASS, 2 % de la rémunération annuelle dans la limite de 8 PASS pour la provision de pensions, 8 % dans la limite de 8 PASS pour la retraite supplémentaire).

Exemple de calcul du montant net imposable à partir du salaire brut en 2021

Prenons le cas concret d’un cadre supérieur, avec un salaire brut mensuel de 4 000 €. En 2021, le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PASS) s’établit à 3 428 €.

Dans son entreprise, le taux de cotisations salariales (hors CSG/CRDS) s’élève à :

  • Tranche 1 (sur le PASS) : 11,154 %, soit 382,36 € ;
  • Tranche 2 (sur la part dépassant le PASS) : 10,284 %, soit 58,82 €.

Au total, les cotisations salariales déductibles atteignent 441,18 €.

Ensuite, il faut calculer la CSG déductible (6,80 %). Sa base est le salaire brut minoré d’un abattement de 1,75 % pour frais professionnels (jusqu’à 4 PASS) :

4 000 × 0,9825 = 3 930 €
CSG déductible : 3 930 × 6,80 % = 267,24 €

Le net imposable s’obtient ainsi :
4 000, 441,18, 267,24 = 3 291,58 €

À noter : les taux et méthodes peuvent varier d’une entreprise à l’autre. Il convient de bien comprendre la logique du calcul avant de se focaliser sur le résultat chiffré.

Comment calculer le salaire net imposable à partir du montant net à payer ?

Si l’on part du net à payer (avant prélèvement à la source), il faut réintégrer les éléments non déductibles fiscalement, à savoir :

  • La CRDS (0,50 %) ;
  • La part non déductible de la CSG (2,40 %) ;
  • La contribution santé complémentaire côté employeur ;
  • La part non déductible des cotisations pour les retraites complémentaires et prestations supplémentaires.

Il faut aussi réintégrer les avantages en nature, c’est-à-dire les formes de rémunération qui ne passent pas en espèces mais constituent tout de même un revenu. Exemple typique : un véhicule loué par l’employeur et mis à disposition du salarié pour des déplacements professionnels et privés. L’avantage en nature correspondant est ajouté au brut soumis à cotisations sociales, puis déduit du net à payer (puisque le salarié en a déjà bénéficié), mais il est bien inclus dans le net imposable.

Enfin, certains éléments exonérés d’impôt, comme les heures supplémentaires défiscalisées ou certaines indemnités de départ, doivent être retranchés.

L’intégration du salaire net imposable dans le revenu fiscal global

Même si l’employeur procède au prélèvement à la source tous les mois, il reste indispensable de mentionner chaque année, dans la déclaration de revenus, le total des salaires nets imposables perçus entre le 1er janvier et le 31 décembre. Le prélèvement n’est qu’un acompte : l’impôt effectif sera calculé sur la base de l’ensemble des revenus de l’année.

Le salarié additionnera ses salaires à ses autres ressources (BIC, BNC, revenus fonciers, revenus de capitaux mobiliers, etc.), puis l’administration déterminera l’impôt dû.

Les charges déductibles des revenus professionnels sont prises en compte. Le salarié peut choisir entre :

  • La déduction forfaitaire de 10 % ;
  • Ou, optionnellement, la déduction des frais réels engagés.

Le choix entre ces deux méthodes s’applique à tous les salaires de l’année. La déduction forfaitaire couvre l’ensemble des dépenses considérées comme courantes dans l’exercice de l’activité salariée, par exemple :

  • Les frais de trajet domicile-travail ;
  • Les frais de repas sur le lieu de travail (dépenses supplémentaires par rapport aux repas pris à domicile) ;
  • Les achats ou abonnements nécessaires à la documentation professionnelle et à la mise à jour des connaissances.

Il est possible de combiner cette déduction avec l’exonération de certaines indemnités spécifiques liées à l’exercice de l’emploi.

Si le salarié estime que la déduction forfaitaire ne couvre pas l’ensemble de ses dépenses, il peut opter pour la déduction des frais réels. Il pourra alors retrancher de son net imposable toutes les dépenses engagées dans le cadre de son activité professionnelle, telles que :

  • Les déplacements domicile-travail (carburant, péages, avec possibilité d’appliquer l’échelle kilométrique fiscale) ;
  • Les repas pris hors domicile ;
  • Les frais de formation ;
  • Divers équipements professionnels nécessaires à l’exercice de la fonction.

L’essor du télétravail, notamment après la crise sanitaire, a aussi élargi la liste des frais professionnels déductibles. Parmi eux :

  • Les coûts fixes comme le loyer (ou valeur locative), les charges de copropriété, l’assurance habitation, la taxe foncière, la taxe d’habitation. Ces montants sont déduits au prorata de la surface réservée à un usage professionnel.
  • Les charges variables : chauffage, électricité, Internet, téléphone.
  • Les achats de mobilier (bureau, fauteuil, rangements), de matériel informatique (ordinateur, imprimante) et de consommables (papier, cartouches, etc.).

Bien entendu, si l’employeur rembourse tout ou partie de ces frais, il faut les déduire du montant déclaré.

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Au fond, comprendre ce que recouvre précisément le net imposable, c’est s’offrir une boussole dans le dédale fiscal, bien utile quand vient l’heure de choisir sa mutuelle ou de remplir sa déclaration. Un repère solide, pour aborder sereinement chaque nouvelle ligne de fiche de paie.

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